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Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a fustigé vendredi les propos alarmistes de "ceux qui jouent à se faire peur", en réplique aux attaques de Jean-Luc Mélenchon sur l'emploi de l'armée pour la gestion de l'ordre public et à son appel aux soldats à "ne pas tirer".

Le chef de l'Etat a déploré "un faux débat absolu" alors qu'une partie de l'opposition et les organisations des droits de l'Homme s'émeuvent du recours renforcé, annoncé mercredi par le porte-parole du gouvernement, à l'opération antiterroriste Sentinelle pour les manifestations de "Gilets jaunes" samedi.

"En aucun cas, l'armée dans notre pays n'est en charge du maintien de l'ordre, c'est un faux débat absolu. Ça n'a jamais été le cas ces dernières années et ce ne sera pas davantage le cas", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil européen, à Bruxelles.

"Ceux qui jouent à se faire peur ou à faire peur à certains ont tort", a-t-il souligné, visant implicitement le chef de file de LFI.

Sentinelle, créé en 2015 pour faire face à la menace terroriste sur le territoire français, est mis à contribution depuis le début du mouvement des "Gilets jaunes", le 17 novembre dernier, mais l'annonce de Benjamin Griveaux a redonné de la visibilité à cette mission.

Après le saccage des Champs-Elysées samedi lors de l'"acte 18" des "Gilets jaunes", le gouvernement présente la mesure comme un "effort de substitution", selon les termes de la ministre des Armées Florence Parly, permettant de libérer des policiers et gendarmes pour le maintien de l'ordre.

Les militaires assureront la protection de sites sensibles, mais pas à proximité des manifestations, a précisé jeudi l'état-major des armées, en soulignant qu'ils n'avaient pas vocation à "se retrouver au contact des émeutiers" présumés.

Florence Parly a assuré sur Twitter que "les militaires ne seront pas au contact des manifestants. Ils ne vont ni les fouiller, ni les arrêter, ni les appréhender. Ils ne vont évidemment pas tirer sur la foule!"

"QU'ILS NE TIRENT PAS"

"Au moment de l'Euro 2016 de football, quand les forces de police étaient très sollicitées, ce sont des soldats de Sentinelle qui ont remplacé les forces de police dans la sécurité d'un certain nombre de bâtiments, ambassades, lieux de culte", a rappelé pour sa part le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur BFM TV et RMC Info, regrettant une controverse "surréaliste".

Une mise au point, vendredi sur franceinfo, du gouverneur militaire de Paris, le général Bruno Le Ray, sur les règles d'engagement des soldats a toutefois ajouté au trouble.

"Les consignes sont extrêmement précises : ils ont différents moyens d'action pour faire face à toute menace. Ça peut aller jusqu'à l'ouverture du feu", a-t-il déclaré en rappelant la doctrine commune de l'opération antiterroriste.

"Les soldats appliquent les même consignes (que les forces de sécurité intérieures-NDLR) : ils donnent des sommations dans les cas éventuels du feu". Il a notamment mentionné les cas où "leur vie est menacée ou celle des personnes qu'ils défendent effectivement", comme par exemple lors de l'agression d'une patrouille en mars 2017 à l'aéroport d'Orly où l'assaillant avait été abattu.

Jean-Luc Mélenchon a appelé les militaires à ne pas "tirer". "Que quand bien même ils en recevraient l'ordre, ils n'y obéissent pas, qu'ils ne tirent pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse aux accents dramatiques.

Le chef de file de LFI a par ailleurs demandé à Edouard Philippe de s'expliquer à l'Assemblée . "Le gouvernement doit s'expliquer devant la représentation nationale sur une décision aussi aventureuse que périlleuse pour l'unité de la République", écrit-il dans une lettre adressée au Premier ministre, publiée sur son blog.

"Il y a une volonté de provocation manifeste de la part du gouvernement, j'espère que, celle-ci, hélas, n'aura pas de conséquence", a déclaré pour sa part la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, sur BFM TV. "Je suis convaincue que les militaires ne peuvent pas en réalité acquiescer à cette idée."

(Julie Carriat et Simon Carraud, édité par Sophie Louet)


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